Il fut un temps de cris, de meutes et de fureur, Où l’on jetait l’opprobre sur ma seule couleur. On cherchait sous mes traits une ombre sans esprit, Parce que mon sillage de flammes les avait épris. Cible d’un feu sacré qu’ils voulaient étouffer, J'ai dû lever le poing pour ne plus m'effacer. Puis le monde a changé, le mépris s'est fait fard, On a crié « superbe » en changeant de regard. Mais de cette louange, je reste la gardienne, Je ne serai jamais une image qui ne soit mienne. Je refuse le rôle du trophée de saison, Et j'impose aux regards ma propre direction. Dans l'œil de l'objectif, j'éteins l'incendie, Le rouge s'évapore, le vacarme s'oublie. Sous le noir et le blanc, je retrouve ma paix, Là où les préjugés ne m'atteignent jamais. On n’y voit plus le pigment, on n’y voit plus la marque, Mais l'éclat d'une femme que plus rien ne parque. Le gris est mon royaume, le contraste est mon cri, Là, mon âme s'expose, sans fard et sans dépris. Vous cherchiez une rousse ? Je vous offre un visage, Un regard souverain qui tourne enfin la page. Ma couleur est en moi, mais mon image est à moi, Et le noir et le blanc sont les lois de mon choix.